Carimbolando Mixtape de Carimbo

Au pays du Carimbó

Cette nouvelle mixtape livrée par Soundgoods propose une sélection de Carimbó, Siriá et d’autres styles de musiques originaires du nord du Brésil, précisément de l’État du Pará.

Carimbo musique du Brésil
A soundgoods mixtape

 

Soundgoods nous explique que le Carimbó est un style de rythme et de danse amazonien d’origine indigène qui a reçu des influences de la culture noire (percussion et sensualité) et portugaise via l’utilisation d’instruments à vent.
Les femmes dansent pieds nus avec de longues jupes rondes et colorées avec des imprimés floraux.

En raison de son origine, ce style de musique et la danse qui l’accompagne ont souffert de la répression par le gouvernement de Belém, capitale du Pará, à la fin du XIXe siècle. Il était interdit de jouer ces styles musicaux.

Les musiciens les plus connus de Carimbó sont Mestre Verequete et Pinduca.
Le style est devenu populaire dans le Nord-Est du Brésil, où il a été inévitablement mixé voire fusionné avec du Forró par exemple et d’autres rythmes de cette région du Brésil

Eliana Pittman, chanteuse de Samba de Rio de Janeiro a eu un grand succès avec sa chanson « Mistura de Carimbó » en 1975.

Le Carimbó est aussi l’une des principales influences des musiques populaires contemporaine, comme la Tecnobrega ou la Lambada. Au cours des dernières années, le Carimbó a connu un retour en force, du fait de son apparition dans un telenovela.

La nouvelle star de Carimbó est Dona Onete, 88 ans, qui a eu un grand succès avec son excellent album « Banzeiro » en 2016.

Ecoutez ce mix de Carimbo et Siria

Liste des morceaux du mix

01. Os Muiraquitãns – A Misturada
02. Pinduca – Cantina da Lua
03. Osvaldo Oliveira – Barco do Abaeté
04. Orlando Pereira – Carimbó Para Yemanjá
05. Mestre Cupijo e Seu Ritmo – Caboclinha do Igapó
06. Verequete e Seu Conjunto Uirapuru – Piria
07. Siluca – Saudades Dela
08. Carlos Santos – Bom barqueiro
09. Grupo Da Pesada – Baía do Guajará
10. Vieira e Seu Conjunto – Lambada do Mapinguari
11. Janjão – Axila da Sabá
12. Tony Wilson e a Moçada do Carimbó – Carimbó Da Vovó Janoca
13. Raimundo Soldado – Carimbó do Pará
14. Dom – Carimbó do Espinho
15. Alypyo Martins – Doutor, Quero Uma Chupeta
16. Ely Farias – Corrupção
17. Messias Holanda – Pescaria em Boqueirão
18. Elino Julião – Carimbó da Senzala
19. Candango Do Ypê – Moça Solteira Da Bahia
20. Marinês – No Laço do Carimbó
21. Carrapeta – Molho de Murupy
22. José Uchoa – Carimbo de Altamira

L’Afrobeat du Futur avec DJ Nenim

Afrobeat contemporain

Je ne sais pas si comme moi lorsque vous entendez le mot afrobeat, vous n’êtes pas immédiatement renvoyé à la musique du pionnier, créateur, musicien engagé : j’ai nommé l’immense Fela Anikulapo Kuti.
Si sa mémoire et sa musique sont aujourd’hui bien vivantes, le genre ne s’est pas arrêté pour autant.
La scène afrobeat dépasse le simple cadre de l’héritage laissé par Fela et donc les frontières de Lagos.

DJ Nenim - afrobeat

Une scène afrobeat bien vivante

Toute une génération de musicien s’est emparée de la musique de Fela pour l’interpréter, la remixer ou simplement la jouer que ce soit en live ou en DJ sets. Compter le nombre d’artistes qui citent l’influence de Fela dans leur travail est un travail sans intérêt amha.
Cependant toute une nouvelle génération de musiciens ouverts d’esprit, avec esprit contemporain livrent des productions dont le son est profondément enraciné dans les sons afrofunk, afrobeat et highlife des années 60 et 70 d’Afrique de l’Ouest. Cela ne date pas d’aujourd’hui. Ces branches musicales s’étendent souvent à travers le continent et la diaspora, et font toujours référence au jazz, au funk et à la soul nord-américains qui puisent et influencent à leur tour la musique africaine.

Afrobeat en 2018

Comme souvent avec la musique et ses métissages il est nécessaire de faire un détour par d’autres contrées. Et oui la presse musicale française est décimée et ceux qui cherchaient des ailleurs ont pour la plupart dû fermer leurs portes. La promesse des blogs musicaux a elle aussi fait aussi long feu (un ex. ici-même).
Aussi comme d’habitude depuis toutes ces années lorsque je tombe sur un truc qui fait vibrer l’homme j’essaie de partager sur Le-gouter.
Ainsi en est-il de DJ Nenim.

DJ Nenim: Afrobeat depuis New-York

Il fait partie de ceux qui conjugue l’Afrobeat au pluriel. Digger et collectionneur de disques il cherche les Afro-beats.

DJ Nenim a passer un moment en Angleterre avant de retourner au Nigéria. C’est là qu’il a commencé sa carrière, dans sa ville natale de Lagos. Là-bas Nenim Iwebuke est à l’avant-garde des nouveautés musicales et mixe.
En 2014 il émigre à New York et continue à mixer de l’Afrobeat, du highlife, de l’Afrofunk, du jazz et de la house (l’influence UK). Grâce sa connaissance profonde des racines de l’Afrobeat et une oreille attentive portée aux DJs qui enflamment les spots underground de New York ; comme Shrine à Harlem et Bembe à Brooklyn pour n’en citer que 2.
Dans ce set le nigérian livre une heure de purs sons pour vous immerger dans ce que l’on appelle de la nouvelle vague de l’Afrobeats [avec un S 😉 ].
Pour les curieux, plus de mixs de Nenim.

Femi Kuti – Opposite People

Le fils aîné de Fela après avoir cherché sa voix semble désormais apaisé, libéré du poids du patriarche sur les épaules et en famille à Lagos (merci Sala et Emma) le shrine s’est remis à briller des sons et éclats de lumière sur les cuivres.

 

Décès de William Onyeabor

William Onyeabor est mort

La nouvelle est tombée via la newsletter de Luaka Bop.

Le label de David Byrne avait bataillé quelques années pour pouvoir sortir la compilation Who is William Onyeabor. Finalement en 2013 le disque était sorti et avait fait grand bruit auprès des amateurs de musiques africaines.
Soyons sincères, c’est grâce à ce disque que j’avais découvert la musique afro-funk du fantastique William Onyeabor.

Voilà le seul et unique documentaire à son sujet :

Je ne pense pas être le seul puisque des huit albums du nigérian je n’en connaissais aucun. Normal puisque le musicien s’est complètement retiré du monde de la musique en 1985.
En revanche quand a déboulé cette compilation elle a tourné un paquet de temps sur la platine, sur l’ordinateur directement en direction des oreilles !
En fait j’ai été passionné par le son unique de clavier, complètement psychédélico-Bontempi et son jeu délicieusement groovy. Du coup c’est vrai que c’était aussi un bonheur d’alterner avec du Francis Bebey.

Jetez-vous sur la musique de William Onyeabor, vous ne serez pas déçu, elle n’a pas vieilli.

Voilà un set dédié à ce grand musicien.

DJ Nuts mix Arthur Verocai

arthur verocai pochette d'album

Arthur Verocai
Arthur Verocai est l’un des compositeurs brésiliens les plus méconnus. Chose normale puisqu’il n’a publié qu’un seul album au nom éponyme. C’était en 1972.
Pourtant Arthur Verocai a collaboré avec certains des plus grands musiciens, chanteurs et compositeurs brésiliens.
Je vous laisse découvrir son histoire par vous-mêmes. Les liens de qualité ne manquent pas.

Pour ce gouter du mercredi laissez-moi vous convaincre de cliquer sur le lien ci-dessous.
Il s’agit d’un mix réalisé uniquement à partir de morceaux d’Arthur Verocai. Ce mix est réalisé par DJ Nuts ; autant vous dire qu’il s’agit d’un gage de grande qualité puisque Nuts est originaire de Sao Paulo, crate digger et possède une paire d’oreilles des plus curieuse et attentive.

  • DJ Nuts – Arthur Verocai Mix [Edit : lien supprimé]

Pour info l’illustration ci-dessus est la pochette de l’album d’Arthur Verocai cité avant.

Un bout de Brésil à Lyon
Enfin puisqu’on est au Brésil, j’en profite pour signaler aux lyonnais que le festival 6° continent a débuté officiellement hier soir. Cette année le festival célèbre le Brésil. Je dis miam miam.
DJ Mam sera présent Samedi 29 mai à 20h au Parc de Gerland. Du balançao en perspective en terres lyonnaises…
La programmation du festival 6° Continent.

Retour des Chroniques de la Cocotte

Notre chronique sur Radio grenouilleAprès un été bien rempli ,voila que je rempile (avec plaisir) pour une nouvelle saison sur Radio Grenouille.
Comme j’ai pris des engagements (n’est ce pas Sly!!!) j’essaierai de mettre mes chroniques sur le gouter avant chaque émission de la Cocotte, avec parfois des morceaux différents que ceux écoutés lors des émissions.
C’est le cas ici.

El bicho

J’attaque avec Elbicho, excellent groupe madrilène.
Mené par le charismatique Miguel CAMPELLO (sorte de mélange entre Henry Rollins et un danseur de flamenco), Elbicho mélange le rock, le flamenco et fusionne avec succès. Leurs influences viennent autant de Led Zeppelin que de Camaron (et ça s’entend).
Etonnant. Dépoussiérant et méchamment botellon.

Celia Cruz et Johnny Pacheco

V2 réedite une partie du catalogue Fania, label crée en 1964 par J.Masucci et J.Pacheco.
Pour résumer on peut dire que la Fania est aux Latino-américains ce que Stax ou la Motown sont aux noirs américains.
Parmi ces rééditions, on retrouve, le fameux Acid de Ray Baretto, Siempra de Willie Colon (1ère signature du label, alors qu’il a 16 ans) et Celia et Johnny de C.Cruz et J.Pacheco (qu’on appele aussi la belle et le boss) album récompensé par un disque d’or en 1974.
Pour entrer dans l’univers de Fania records, notez que le label a confié son catalogue au Gilles Peterson que l’on ne présente plus et que sa sélection est réussie.

The ipanemas, samba is our gift

Back in the 50′
Le groupe Ipanemas (de Rio bien sur), crooneurs de leur état a emmené le son Afro Samba (son qui accompagne les rituels du camdomblé, très cher à notre Baden Powell) aux sonorités jazz. On y trouve déjà le maitre percussionniste Wilson Das Neves (cf. Brasilintime), toujours alerte.
Il officie aujourd’hui avec l’Orquestra Imperial.

Mercedes Peon

Une des plus belles voix d’Espagne.
La galicienne Mercedes PEON essaie de préserver le folklore de sa région natale. Elle s’accompagne d’instruments traditionnels comme la gaita (cornemuse) et la pandereta (tambourin) qu’elle booste à coups d’électro, de rythmes jungle.
Un univers d’une modernité imparable.

Ecoute chronologique quoiqu’on s’en foute :

  • The Ipanemas – Imperial (Samba is our Gift – Far Out Recordings 2006)
  • Ray Barreto – Abidjan (Hard Hands – Fania 2006)
  • Celia Cruz & Johnny Pacheco – El paso del Mulo (Celia & Johnny – Fania 2006)
  • Elbicho – La niña de la cueva (Elbicho, Vol.2 – Dro Atlantic, 2005)
  • Mercedes Peon – Ben Linda (Siha – Discmedi, 2007)

Ecoutez les Chroniques de la Cocotte :
Dimanche 7 octobre 13.30/15.00 sur radio grenouille 88.8 (1er et 3eme dimanche du mois)
Le site de Cocotte Musique

BRASILINTIME, Chico Buarque, Jun Miyake,

brasilintime : documentaire hiphop Brésil

Brasilintime

Brasilintime est un documentaire musical.
Ce projet de longue haleine mené par Mochilla le crew de L.A. trafiquant d’images. Les photographes B+ et Coleman se sont emparés de la caméra pour continuer à explorer leurs univers musicaux.
Après Keep in Time, rencontre filmée entre DJ hiphop et anciens, batteurs et percussionnistes qui ont des heures de sessions au compteur et à qui il est urgent de rendre hommage.

La liste des DJ et musiciens est tout juste hallucinante :

Côté DJ et producteurs on trouve Babu, Madlib, Cut Chemist, Numark, Shortkut et J-Rocc. Un peu la crème des crate diggers californiens, gorgés de soul et de jazz pour en faire les beats imparables d’un hiphop qui tient son identité musicale.
Côté percussions : James Gadeson, Paul Humphrey, Earl Palmer, Roy Porter et Derf Recklaw. Que des musiciens qui ont enregistré des morceaux devenus des standards de la musique US du 20° siècle. L’éventail des collaborations s’étire de Charlie Parker à Curtis Mayfield en passant par Little Richard. Penchez vous un instant sur leurs bios respectives, vous aurez le sentiment de lire un livre d’histoire de la musique noire américaine de la 2nde moitié du 20° siècle.

Vient Brasilintime, suite logique.

Suite documentaire et musicale logique puisque lorsque tout ce joli monde s’est rencontré et bien la curiosité entre générations musicales a provoqué l’échange. Au fil des discussions, chacun s’est aperçu que tous avaient en commun une passion le rythme en particulier ceux du Brésil.
Brasilintime est le documentaire du voyage au Brésil de toute cette troupe à la rencontre de leurs homologues et idoles brésiliens.

Le second documentaire de Mochilla sort en dvd, que dis-je une perle de double dvd qui sort cet été. Un film à posséder obstinément, ici. La boucle se boucle : les idoles ont des idoles, ensemble ils parlent de musique. Est-ce si surprenant ?
Du coup ils poussent l’expérience et le plaisir jusqu’au bout : si le 19 juillet vous passez à L.A., faites un saut au Mayan Theater voir Brasilintime en concert, avec quelques piliers de Stone Throw records.

 

Du Brésil il en est question en ce moment qui dure.
J’ai enfin mis la main (merci Kjb) sur Innocent Bossa in the Mirror de Jun Miyake. Un album de bossa nova made in Japan de 2002 qui vient d’être réédité. Arto Lindsay chante, joue de la guitare. Tera frais avec des petits moments comme ces Trejeitos.

La bossa innocente de Myiake se croise avec Chico Buarque. La compilation Chico Revisitado sous titrée from Chico Buarque de Holandan°4 1970 to Chico Buarque 1984 livre une sélection de 15 classiques du poète de Rio. On y retrouve en autres Cotidiano (qu’on a beaucoup écouté) et Essa Moça ta diferente. Tuerie do Brasil avant tube de pub.

Et puis Q-TIP dont on peut écouter la dernière livraison (WorkItOut @ Myspace). L’année dernière il se frottait aux accords plaqués de Sergio Mendes et aux beats de Will.I.Am sur Timeless. Un disque qui vieillit bien avec son casting de luxe.

Allez on se fait le dernier. Pour la route.
Emporte ces Pieces of Ipanema. Le morceau original est d’Azymuth, un combo de killers qui déroule son style depuis 30 ans : ‘Samba doido ». Un groove aux accents de jazz, de funk ici remixé par Mark Pritchard. Sec.